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Partie 2. 2
Globalisation vs Déglobalisation
par Alexander LAW, Directeur de Xerfi Global
La brutale chute du commerce international que nous avons vécu en 2009 et le rebond tout en douceur que nous attendons pour la prochaine année constituent l’avatar le plus marquant d’un phénomène de déglobalisation qui caractérise ce nouveau « monde d’après ». Cette déglobalisation n’est pas un simple retour en arrière sur la mondialisation qui a marqué ces dernières années. Elle est la conséquence du retour en force des Etats (par la force des choses !) sur la scène économique, pour pallier les inefficacités de marchés qui ne sont pas parvenus à s’autoréguler lorsque plusieurs crises se sont superposées.
Notre analyse nous amène à distinguer quatre piliers principaux de cette déglobalisation :
- L’autocentrage des économies nationales : les économies qui ont le plus souffert sont celles qui dépendaient le plus des échanges internationaux. Le but pour certains Etats-nations, en particulier dans les zones émergentes est d’autonomiser la croissance ;
- Le retour de vieux réflexes protectionnistes pour favoriser les productions locales ;
- Les Etats, qui se sont remis au centre du jeu en privilégiant et en sauvant certaines de leurs industries phares ;
- L’Etat providence qui permet, entre autres, de préserver les emplois, ne serait-ce que temporairement sur le territoire national.
Si les Etats-nations participent d’une certaine déglobalisation de l’économie mondiale, les intérêts des entreprises, eux, n’ont pas changé d’un iota. Au contraire, la crise a renforcé pour elles la nécessité de la globalisation. Ce phénomène qui est, quant à lui, microéconomique, repose sur trois piliers :
- la poursuite des mouvements de délocalisation depuis les économies traditionnellement industrialisées vers les zones émergentes, afin de bénéficier d’avantages de coûts notamment ;
- La désintégration des chaînes de valeur à l’échelle internationale. Pour des raisons de coût et d’efficacité, les processus de R&D, conception, marketing et vente ne sont pas réalisés dans les mêmes zones ;
- Le déplacement des zones de consommation. Il est trop réducteur d’assimiler les économies émergentes à des pays où on peut simplement profiter de coûts salariaux moins importants. Il s’agit également de zones de croissance à deux chiffres de la demande. Une manne forcément intéressante pour des entreprises qui doivent affronter une demande mature et déprimée dans les économies avancées.
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